- Le discrédit des images d’architecture est à son comble!
Pas une réunion de quartier sans que beaucoup ne rient de ces images trop flatteuses.
Comment supporter ces sourires tristes, qui ne cachent guère leur mépris, lors des enquêtes publiques, alors que le quidam est confronté à des “plans d’intentions” étayés d’images 3D manifestement plus achetées à des sociétés extérieures pour vendre le projet que réalisées avec le désir de donner, porter à la compréhension du plus grand nombre.
Qui possède les compétences pour déchiffrer ces protocoles de communication, combien d’avis intelligents n’ont pas osé s’exprimer, que peut un enfant pour offrir son bon sens?
L’image à gauche nous montre une expression claire et sincère. Mais, c’est nous, architectes, qui devrions travailler avec cette lumineuse sincérité.
Permettre à tous, sur un pied d’égalité devant les supports visuels, d’apporter ses réflexions, afin de porter et partager des espoirs rendus crédibles par la qualité et le sérieux de nos travaux.
- Malheureusement:
Les espaces virtuels nous font croire que tout devient possible. On peut vite projeter, avec une population virtuelle, heureuse, jeune et argentée, oublier les problèmes d’hier, oublier les gens. Le spectacle du concevoir devient une finalité, une finalité commercialisable.
Et c’est là que la sanction exemplaire se profile aux Etats-unis d’Amérique car une pratique tend à se généraliser... Le processus de construction est initié par un ou des investisseurs, une société de communication réalise une imagerie le plus facilement vendable, et seulement après, l’architecte est mandaté pour terminer la conception...
La 3D que nous ne ferons pas va nous étouffer!
-Il faut toutefois bien admettre:
La fragilité économique des architectes ne leur permet pas toujours de produire de multiples supports et propositions, trop de tergiversations dissolvent les marges. Alors qu’ils participent à un projet d’une certaine importance, ils feront souvent appel, ponctuellement, à une société de communication visuelle.
Ces sociétés n’ont pas les mêmes habitudes que les architectes qui ne représentent pour elles qu’une partie de leur chiffre d’affaire.
-Elles ne numérisent pas les bâtiments comme nous.
-Elles apprécient que modérément les charrettes et les nuits blanches.
-Elles factures très souvent les images à l'unité, ainsi que toutes les modifications et les améliorations au-delà des délais stricts.
Les raisons de ces usages sont explicitées dans la rubrique “COMMENT”.
En conséquence, les architectes sont incités à ne pas trop parachever leurs intentions en fin de projet: c’est une bien triste et véritable incitation à la fainéantise!..
-Solutions possibles:
Il suffit de trouver un spécialiste de 3D qui apprécie les architectes ou plus facilement un architecte qui aime la 3D. Il faut admettre et comprendre que tous les architectes sont différents, leur approche et leur méthode également. La seule chose que l’on retrouve pratiquement toujours est qu’il faut écouter beaucoup, et retourner souvent à son ouvrage. Que les idées viennent tôt ou plus tard, pour qu’un projet soit mûr et lisible, il faut s’y reprendre à plusieurs fois.
En conséquence, je ne facture que mon effort global pour faire évoluer une collaboration que j’espère aussi intéressante que sincère.
Les architectes doivent inspirer cette spécificité:
L’architecture tend à respecter les liens que les peuples tissent avec leurs territoires. Elle prend en compte les impacts qu’ elle engendre dans une notion large du paysage, allant des mines d’extractions jusqu’aux vécus des territoriaux. L’architecture est inscrite en des lieux et devient un lieu elle-même, issue de pensées qui prennent en considération de multiples échelles, de la totalité jusqu’aux détails.
L’architecture n’est pas une finalité en soi, seulement ce qu’elle permet.
Construire aussi pour les autres n’est pas si fréquent.
Cette route est fastidieuse et merveilleuse.
Pourquoi:
Le travail d’un “perspectiviste” ou “persman” est de simuler n’importe quoi n’importe où... L’architecte doit construire une oeuvre en un lieu.
Les architectes peuvent inspirer cette spécificité:
Devenir le trait d’union entre l’illustration et l’architecte, apporter un peu plus qu’un graphiste en révélant non pas seulement un objet mis en scène, mais également la démarche architecturale. Cette spécificité ne peut être uniquement inspirée par l’illustrateur. C’est au cours d’une collaboration, que l’on peut exprimer ce qui est particulier.
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